11.02.2008
LE CARNAVAL
Le Dimanche qui suit le mardi gras nous fêtons le Carnaval. Quelques jours avant nous recherchons de vieux habits: pantalon, veste, chapeau que nous garnissons de paille pour fabriquer le bonhomme qui sera brulé le soir de la "ficelière". Nous faisons le tour de toutes les maisons et chacun donne soit un fagot, ou une gerbe de paille pour construire le bucher, ce que nous faisons le Dimanche apés midi . Nous mettons au milieu et sur une barre de bois notre Carnaval; ça se passe assez loin du village pour éviter les risques d'incendie, et sur un "serre" d'où notre feu sera vu des autres hameaux. Le soir tout le monde se rassemble et on met le feu. C'est alors qu'on chante tous en choeur " Adiou poùré Carnaval - Carnaval éra en poùré omé - Qu' avié fa son testament - N'avié ren béila à sa féna - Enca mench à sos parentch " .Les flammes montent haut dans le ciel. Notre bonhomme résiste, puis peu à peu, s'enflamme et tombe au milieu du brasier, accompagné de cris et de rires. Le feu diminue et il faut rentrer à la maison où un repas amélioré de beignets etc ... nous attend. La neige scintille au clair de lune et crisse sous mes pas, le froid vif me saisit et des paillettes de glace se forment dans mes narines. Le repas terminé, je rejoins mon lit où ma mère vient de passer un coup de "réchauffe lit" avec des cendres chaudes . Je m'endors bien vite, heureux de ma journée en pensant à notre pauvre Carnaval....C'était dans les années 50 à La chalp de Crévoux.
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06.02.2008
LE MARDI GRAS
Le Mardi gras a toujours été une fête joyeuse pour les enfants. Plusieurs jours à l'avance nous préparons nos masques à l'aide de carton dans lequel nous perçons des trous pour les yeus, le nez et la bouche. Noirci avec du charbon de bois , un morceau de ficelle pour attache, une vielle casquette, de vieux habits, une canne, et un panier, nous voila fin prêts pour le grand jour. Ainsi équipés nous commençons le tour du village. dans chaque maison on nous fait entrer et tous essaient de nous reconnaitre en nous faisant parler..... On nous donne alors, soit un oeuf. une saucisse, de la farine,.....ce qui permettra une fois la tournée terminée et avec l'aide d'une maman, de confectionner des beignets et de prendre un goûter tous ensemble.C'était dans les années 50 , tout se passait bien sûr dans la bonne humeur, et nous étions heureux!
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17.10.2007
LA FETE DU COCHON . SOUVENIRS D'ENFANCE
Courant Décembre c'est traditionnel on tue les cochons. Fête pour ceux qui les ont nourris, mais pas pour ces pauvres bêtes qui vont y laisser la vie. Trés tôt on fait chauffer une pleine chaudière d'eau. Les parents et amis sont invités pour aider. Aprés un solide casse croûte on commence. Les cochons saignés par un habitué et le sang récupéré pour faire les boudins, on prend des gerbes de paille pour bruler les soies. Armés de gros couteaux on racle la couenne. Aprés un bon toilettage à l'eau bouillante les cochons sont suspendus , ouverts pour extraire les tripes, poumons, coeur, foie.. et la vessie qu'on nous donne à nous les enfants et qu' on gonfle pour jouer au ballon. Les boyaux sont dégraissés et ensuite lavés au bassin. On prélève quelques morceaux de viande et abats pour le repas de midi. Tout cela terminé et rangé on passe à table; au menu : archican, gorge bouillie, rôti, par contre peu de légumes, mais un petit coup de clairet pour faire "glisser" tout ça. Aprés le repas les hommes jouent aux cartes ou à la mourre ,ce sont alors des cris, des grands coups de poing sur la table et des rires. Le soir on mange le bouillon de pot au feu et les restes de midi. Tard dans la nuit le repas se termine; souvent par des chansons. On prépare parfois le "brulot".. gnole additionnée de sucre qu'on enflamme et qu'on tourne pour obtenir une boisson trés sucrée et peu alcoolisée. On fait bruler aussi dans un récipient en terre de la gnole qu'on saupoudre de sel fin, qui aprés avoir éteint la lumière, nous donne à tous un teint blafard, ce qui provoque de grands éclats de rire. Tout cela se termine dans la bonne humeur. Les invités partent, ils sont obligés d'affronter le froid, la neige et même parfois la tourmente pour rentrer chez eux.Quand à nous on apprécie de rester bien au chaud. Quelle belle journée , que de bons souvenirs ! Nous les enfants on nous faisait "manquer" l'école, et pour se faire pardonner mes parents invitaient l'institutrice au repas du soir. C'est fini pour cette année, on se donne rendez-vous pour les prochaines jailles .
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